La Grande Métairie

La Grande Métairie avant...

Au Moyen-Age, le domaine de la Grande Métairie appartenait à l’abbaye de Saint-Ambroix. Alphonse Buhot de Kersers, célèbre historien berrichon, précise dans le cinquième tome de son Histoire et statistique du département du Cher (1891) « qu’une étude attentive des textes nous a amené à penser que c’était l’ancien fief de la Rivière qui donna son nom à une famille d’une certaine importance au XIIIe siècle ».

Au XVIIIème siècle, un texte évoque les « métairie et moulin de la Rivière », très probablement le nom de ce domaine à l’époque.

Il semblerait que le domaine ait été vendu en 1791 comme bien ecclésiastique.

La Colonie du Val d’Yèvre

Dès 1841, Charles Lucas, inspecteur général des prisons, dont on connaît dès la fin de la Restauration les travaux sur le système pénitentiaire, développe un grand projet visant à l’acquisition de marais dans le Val d’Yèvre, avec l’intention est d’y créer une colonie agricole pour les jeunes détenus.

Lucas pense qu’il est important que « sur le plan moral, le travail agricole, la vie à la campagne soient les meilleures conditions pour la santé et l’âme de l’enfant ». C’est dans ce contexte que se situe l’achat du Val d’Yèvre : retirer les enfants délinquants et vagabonds des villes et leur permettre de renouer avec les valeurs rédemptrices du monde rural et du travail aux champs. Charles Lucas soumet son projet au ministère de l’Intérieur qui ne le retient pas. En 1846, il décide de se lancer personnellement dans ce qu’il va appeler « une aventure ».

En 1850, la Colonie agricole du Val d’Yèvre acquiert la Grande Métairie. Cet établissement privé accueillit jusqu’à 200 « colons » à partir de 7 ans. Ils étaient hébergés dans les locaux de Saint-Germain-du-Puy et sans doute aussi à Osmoy.

La Grande Métairie fut remise en culture et ses terres donnèrent de bons résultats. On y cultivait le blé, l’orge ou encore la betterave.  Les marais furent assécher et Lucas alla jusqu’à faire construire un chemin de fer mobile de 1 500 mètres pour transporter des terres du « coteau Sud » (la Grande Métairie) et du coteau Nord jusqu’aux marais.

La colonie dut fermer ses portes en 1914 pour ne jamais rouvrir.  

Les biens de la Colonie, dont la Grande Métairie, furent vendus par adjudication en 1925.

L'Orphelinat d'Osmoy

Située à 6 km de Bourges, Osmoy a été la première structure d’accueil créée par l’Orphelinat Mutualiste de la Police Nationale (OMPN), à l’initiative de policiers bénévoles, en 1925 et avec le soutien du maire du village de l'époque et de tous ses successeurs après lui. Aujourd’hui remplacée par le village Orphéopolis de Bourges, plus adapté aux besoins des enfants du xxie siècle, Osmoy aura marqué l'histoire de cette institution.

L'histoire commence le 10  juin 1921, avec la création de l’Orphelinat Mutualiste de la Police de France et des Colonies. En 1924, l’institution décide de fonder un orphelinat-internat où les orphelins de la police pourraient être recueillis. Son choix se porte sur une partie des biens de la Colonie du Val d’Yèvre, désaffectée depuis dix ans.

Le domaine de la Grande Métairie est acquit aux enchères le 5 juin 1925, soit 144 hectares de terres dont 43 hectares de prés humides et de jardins, ainsi qu’environ 4.000 m² de bâtiments. Le tout est en piteux état après 10 années d’abandon, et les travaux de réhabilitation commencent immédiatement.

Le 15 juillet 1929, la première structure ouvre ses portes à Osmoy et accueille les onze premiers orphelins. En 1930, l’école primaire accueille une institutrice détachée de l’Education nationale pour dispenser les cours aux jeunes pensionnaires. Le nombre de résidents augmente régulièrement et la construction d’un groupe scolaire de quatre classes est entreprise, devant réunir les pensionnaires d’un part, mais également les enfants de la commune. Il est inauguré en juin 1938. En 1939, l’orphelinat héberge déjà plus d’une centaine d’enfants, qui du fait de la mobilisation des employés et surveillants adultes lors de la Seconde Guerre Mondiale, devront les remplacer à la ferme et aux cuisines pour les garçons et à la lingerie et à la surveillance pour les filles. Puis vient le temps de l’occupation allemande d’une partie des locaux, la cohabitation parfois difficile donnant parfois lieu à certaines péripéties relatées dans la bande dessinée Osmoy (Sébastien, les chemins de la vie) éditée en 1987.  

La police paiera un lourd tribut à la seconde guerre mondiale et à la guerre d’Algérie. L’institution doit alors accueillir d’urgence cent cinquante nouveaux enfants.

En 1946, l’orphelinat prend le nom d’Orphelinat des Polices de France et d’Outre-Mer Entre 1950 et 1960, l’Orphelinat d’Osmoy connaît de nombreux travaux d’agrandissement dont « l’aile garçons » puis « l’aile filles ».

À l'image de sa « ferme modèle », si chère aux enfants, Osmoy se consacre à offrir une éducation « modèle » à ses pensionnaires. L'orphelinat fait alors figure de référence auprès des autorités de tutelle. En 1947, l'Orphelinat est placé sous le haut patronage de Monsieur le Président de la République. Tous les présidents français ont reconduit ce haut patronage depuis lors. 

Le 7 mai 1959, le Général de Gaulle viendra en personne inaugurer le nouveau site d’Osmoy. L’Orphelinat redouble alors d’efforts pour améliorer les conditions de vie et d’éducation des enfants : nouveau groupe scolaire, nouvelle infirmerie, gymnase polyvalent, salle de jeu... selon les plans de l'architecte Audou, Grand Prix de Rome. L’adaptation aux exigences éducatives et pédagogiques est constante.

Le 20 novembre 1969 ; l’Orphelinat prend le nom d’Orphelinat Mutualiste de la Police Nationale.

En 1979, le cinquantenaire de l’institution marque un virage dans l’histoire d’Osmoy : l’orphelinat devient le Centre Educatif et d’Animation d’Osmoy et des liens se tissent avec l’Education nationale, les collectivités locales, les clubs sportifs, les centres sociaux culturels... Peu à peu, les dortoirs collectifs disparaissent, les orphelins partent plus régulièrement en vacances, le gymnase diversifie ses activités : théâtre, cinéma, ateliers, nouvelle bibliothèque, salle informatique… Osmoy fait figure de référence auprès des autorités de Tutelle. Le 15 juin 1978, après la visite successive de nombreux ministres, Mme Giscard d'Estaing honore la remise des prix de fin d'année.

Au fil du temps, l'œuvre de l'OMPN a trouvé écho dans le cœur d'un nombre croissant d'hommes et de femmes sensibles à sa cause. Cette grande "famille de cœur" a permis d'améliorer encore la qualité d'éducation des enfants : classes d'informatique, construction des cours de tennis, salles d’études et centre de documentation, sorties culturelles et pédagogiques en Europe... En 1985, les enfants participent à des échanges européens, avec le centre de vacances de Fermo, en Italie.

En septembre 1999, l’école primaire d’Osmoy, regroupant les orphelins et les enfants des communes environnantes d’Osmoy et Moulins-sur-Yèvre, ferme définitivement ses portes, actant la volonté que les pensionnaires étudient tous à l’extérieur du domaine. Parallèlement la réflexion s’engage sur un nouveau modèle d’accueil : des « unités de vie régionalisées », petites structures, de type familial, réparties sur l’ensemble du territoire. Dans ce contexte, Osmoy se réorganise et met en place, en son sein, quatre unités de vie « indépendantes ». Chacune regroupe une dizaine d’enfants, leurs éducateurs et maîtresse de maison. La résidence abandonne les dortoirs pour des chambres à deux, le réfectoire pour des salles à manger... C’est le prélude aux futurs villages à venir.

Les anciens pensionnaires ont créé en 2002 une amicale en preuve d'attachement à ce lieu unique en France.

En 2004, l’OMPN devient Orphéopolis et quitte définitivement le site d’Osmoy pour s’installer dans un lieu plus adapté à quelques kilomètres de là, sur la commune de Bourges.

L'orphelinat aura fait vivre le village d'Osmoy pendant 71 ans ; les jeunes du village ayant partagés les mêmes écoles primaire et maternelle que ses pensionnaires, construites dans son enceinte. L'histoire de l'OMPN et celle du village d'Osmoy sont indissociables. Aujourd'hui, le site de l'OMPN a été acquis par l'État qui l’a réhabilité afin d’y créer un EPIDE.

...La Grande Métairie aujourd'hui

Etablissement Pour l'Insertion Dans l'Emploi (EPIDE)

L’EPIDE a ouvert ses portes le 3 juin 2008 à la suite du rachat par l’État de l’ancien Orphelinat de la Police pour y accueillir des promotions d’environ 180 jeunes en difficulté d’insertion. Il s’agit de jeunes volontaires, qu’il faut aider à se relancer dans la vie, venant de plusieurs départements : Cher, Allier, Indre, Indre-et-Loire03 - 18 - 36 - 37 - 41 - 45. Ce centre emploie 63 agents. En 2015, 176 volontaire ont été accueillis pour un parcours d'une durée moyenne de 8 mois au cours duquel l'éducation à la citoyenneté à toute sa place.

L'EPIDE de Bourges-Osmoy est actuellement dirigé par Christophe DUCHON.

Le lien vers le centre de l'EPIDE Bourges-Osmoy est disponible dans l'annuaire du site. 

Le Gîte d'Osmoy (Gîte de la Septaine)

Le Gîte de la Septaine à Osmoy est installé sur une partie du domaine de La Grande Métairie, dans une maison du début du XXème siècle entièrement restaurée, dans un environnement préservé et arboré. Il est doté d'un parking indépendant de 30 places. 

Il est financé et géré par Communauté de Communes de la Septaine et se compose de trois unités (une partie centrale et deux ailes) indépendantes et pouvant être louées ensemble ou séparément.
Chaque unité est constituée de 6 chambres pouvant accueillir 18 personnes. 
Labellisé Gîtes de France en 2013, ce gîte de groupe peut accueillir 72 personnes assises et possède 42 couchages répartis dans dix-huit chambres, complété d'une grande salle de réception/réunion et d'une grande terrasse.

Le lien vers la page du gîte est disponible dans l'annuaire du site. 

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