Histoire osmoyenne

Au cours de son histoire, le nom de la commune a évolué : Ulmegum en 1207 (du latin ulmus signifiant orme, l’arbre mythique du Berry), Omeo en 1219 (qui aurait signifié petit ruisseau), Omeyo en 1307.

Jusqu’à la Révolution française, c’est l’orthographe Omoy qui est privilégié. A partir du XIXe siècle, les textes administratifs écrivent Osmoy, alors même que dans les délibérations du conseil municipal de l’époque, l’appellation Omoy-sur-Yèvre reste privilégiée. C’est d’ailleurs le nom d’Omoy qui est utilisé par l’historien berrichon Buhot de Kersers dans son fascicule du canton de Levet publié en 1891, preuve qu’il s’agit là de la forme la plus usitée.  

La commune d’Osmoy fut officiellement créée par lettre patente du roi en date du 14 décembre 1789, en prenant pour base la circonscription territoriale de l’Ancien Régime, mais c’est la loi de 17 février 1800 qui organisa juridiquement l’administration communale.

La répartition des communes en cantons fut très laborieuse. Un premier projet en 1790 créait le canton de Savigny comprenant Osmoy, Moulins et Nohant. En 1801 est finalement décidée la diminution du nombre de cantons : Osmoy est alors intégré au canton de Levet avant d’être finalement rattaché à celui de Baugy par la loi du 4 février 1922. Depuis 2015 et la réforme des départements, Osmoy fait partie canton d’Avord (réunissant les communes des anciens cantons de Sancergues et de Baugy).

La première municipalité fut élue le 30 janvier 1790, avec à sa tête le maire Marcel Roblet, "manœuvre et cabaretier". A la deuxième élection le 13 novembre 1791, il fut remplacé par François Roblet, laboureur, mais reprit ses fonctions le 2 décembre 1792 "à la grande satisfaction de l’assemblée".

Du Moyen-Age à la Révolution

Pour son histoire la plus ancienne, Buhot de Kersers nous explique qu'"Omoy porta le titre de vicomté, évidemment trace de sa qualité ancienne de vicairie. Cette vicomté et la seigneurie étaient inféodées et attachées à un chezal nommé Franc-lieu ou Franc-alleu dont l’assiette finit par être ignorée (…) mais qui semble avoir été primitivement à Omoy même. L’abbaye de Saint-Ambroix conserva le fief et les seigneurs d’Omoy lui portèrent leurs hommages". (Cf. Chalusse)

L’abbaye de Saint-Ambroix se trouvait à Bourges, au niveau de l’actuel carrefour de Verdun, dans la propriété située à l’angle du boulevard de la République et de l’avenue Jean-Jaurès. L’hôtel de Bourbon occupe aujourd’hui ce qui subsiste des bâtiments de l’abbaye.

Comme toutes les abbayes au Moyen-Age, Saint-Ambroix possédait de nombreux biens, surtout terriens, qui lui avaient été donnés au moment de sa fondation. Les abbayes ont conservé ces biens jusqu’à la Révolution et le démantèlement du patrimoine du clergé.

Le premier seigneur d’Osmoy fut Jacquelin Cullon qui fit "hommage" de la vicomté à Saint-Ambroix en 1501. A sa mort en 1534 lui succéda son frère François. Ce dernier vendit la seigneurie en 1556 à Barthélémy de Chavany, docteur à Bourges, lequel devint dès lors seigneur d’Osmoy. Louis Raynal, premier Avocat-Général à la Cour royale de Bourges et auteur de l’Histoire de Berry (1847), cite le Docteur de Chavany parmi les "gentilshommes du voisinage" de Bourges, défenseur du parti catholique pendant les guerres de religion, et en particulier pendant l’occupation de Bourges par les protestants. De cette guerre de religion, Raynal nous dit que « la reine Catherine de Médicis, et le jeune roi Charles IX, alors âgé de douze ans, étaient arrivés au camp (des troupes qui assiégeaient la ville) le 19 août 1562, ils étaient venus de Mehun coucher à Plaimpied ; puis ils se logèrent au château de Lazenay » ou ils demeurèrent jusqu’à la reddition, le 1er septembre 1562, de la ville de Bourges.

La seigneurie est acquise en 1577 par Alexandre de Ménipénil. Gaspard Thaumas de La Thaumassière dans Histoire de Berry (1689) nous donne des précisions sur ce grand seigneur : « Alexandre de Meni-Pénil de la garde du roi François 1er, fut naturalisé par lettres du mois de février 1542 ». A sa mort, sa veuve obtint en 1586 d’être exemptée d’impôts en tant que noble « après avoir prouvé que son mari était issu d’une noble famille d’Ecosse ».

Dans sons "hommage" de 1577, on énumère tous les droits seigneuriaux attachés au titre de seigneur d’Osmoy, dont certains sont surprenants. C’est ainsi qu’en 1626, « Messire Jacques de Ménipénil, écuyer, seigneur vicomte d’Omoy » fait condamner Jean Bredu, demeurant au village de Chalusse, au paiement d’un plat de viande, d’une miche, d’un gâteau et d’un pot de vin car ce dernier s’était marié trois semaines plus tôt sans avoir offert les présents énumérés à son seigneur, droit seigneurial incontournable.

A la fin du XVIIe siècle, la fille de François de Ménipénil apporte la seigneurerie d’Osmoy en dot à Renaud Fouchier. Au siècle suivant, le titre passe au Perreau, dont le second, Pierre, est également vicomte de St-Etienne. Le titre de seigneur d’Osmoy disparait en 1789, en même temps que l’absolutisme royal. 

A cette période, les Cahiers de Doléances nous renseignent sur la population au sein de la commune, qui s’élevait à 236 âmes, sans compter les enfants. Elle comprenait 14 laboureurs (fermiers et métayers) et 36 manœuvres. En 1793, les registres indiquent 387 "individus", ce chiffre tenant peut-être compte des enfants.

Un "état des subsistances" datant de la même année nous renseigne sur les ressources : « nous observons qu’il ne se cueille en cette contrée ni maïs, ni sarrazin, ni pommes de terre et que chaque habitant fait moudre chaque semaine le grain nécessaire pour la consommation de sa maison (…) » On cultive essentiellement de la "marchesse", du froment et de l’avoine, ainsi que dans une moindre mesure l’ingrain et le seigle.

C’est à l’abbé Préverault que revient la charge de la tenue des registres d’état-civil, désormais sous la responsabilité des communes et non plus des paroisses, qui occupait alors les fonctions de curé de la paroisse d’Osmoy, de conseiller général de la commune et donc d’officier public.

Histoire contemporaine

Au début du XXe siècle, la commune est amputée de plus de 900 hectares au moment de la création du Champ de tir du polygone, dédié aux essais militaires.

Osmoy fait partie du canton d’Avord depuis 2015, auparavant la commune était rattachée à celui de Baugy et plus antérieurement de Levet et fait également partie de la communauté de communes de la Septaine, composée des 9 communes suivantes : Avord, Crosses, Farges-en-Septaine, Jussy-Champagne, Nohant-en-Goût, Osmoy, Savigny-en-Septaine, Soye-en-Septaine et Vornay.

La commune tend aujourd’hui à se développer et la construction de nouvelles habitations a connu un essor certain.

A suivre prochainement : 
- Exercice du culte
- Cimetière
- Mairie
- Ecole